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L’industrie Française peut-elle s’épargner l’effet panique grâce aux réseaux sociaux ?

Par Frédéric Nicolas, consultant en stratégies digitales et éditoriales

C’est souvent une tragi-comédie depuis 6 ans de crise pour le secteur industriel en France. Malgré des fondamentaux à priori très solides mais remontant à l’après-guerre ou aux trente glorieuses, de nombreux secteurs de l’industrie Française sont convoités par des fonds de pension industriels américains ou asiatiques.

Parlons de cas connus pour y avoir travaillé.
A Saint-Dizier, cité sidérurgique dont les bases remontent au XIXème siècle, les Chinois ont mis la main sur une fonderie historique il y a quelques années. Ils n’ont pas encore délocalisé car le savoir-faire des ouvriers est ancestral et les machines difficilement déplaçables. Comme dans la plupart des secteurs, les Chinois observent, paient pour voir, un peu, puis dupliquent à moindre coût le savoir-faire. L’expérience est cependant irremplaçable, ce qui occasionne de nombreux bugs techniques impactant parfois la société chinoise en surcroissance (cf. déraillement de trains, ponts qui s’effondrent, pollution, pillage de matières premières). La révolution industrielle chinoise semble être à ce prix.

Second cas de figure :
A Belfort, ville à l’esprit d’indépendance particulièrement développé, on assiste au dépeçage possible d’un siècle de travail d’ingénierie Française. A l’époque où Jean-Pierre Chevènement vient de démissionner avec fracas de son poste de ministre de la défense, General Electric s’installe dans la cité du Lion. Ils investissent, recrutent des anciens d’Alstom et annoncent clairement la couleur en se positionnant en face des locaux historiques d’Alstom. L’enjeu est de taille : réacteurs pour centrales électriques, transports, bref, de secteurs si stratégiques, alors que la transition énergétique avance doucement, et que l’énergie, mécaniquement plus chère, va être le talon d’Achille du 21 ème siècle.
Emballement médiatique et panique
Avant l’été, le ministère de l’économie et des finances réagit vivement en mettant en place une cellule de guerre économique. On assiste à quelques allers-et-retours entre Berlin et Paris, Siemens voulant sa part de gâteau. Au final, les médias économiques et les économistes de plateau télé s’affolent et contribuent à enflammer le dossier. Finalement, la période de réflexion est prolongée de 3 semaines…

Est-ce que de telles industries Françaises dont le siège est bien basé dans le pays auraient pu s’épargner une telle impression de flottement économique ? Sans doute grâce à une veille « intelligence économique » adaptée.

Bien sûr, il existe des formations et de nombreux spécialistes en intelligence économique formés à défendre les intérêts de telles filières stratégiques. Les Américains ou les Chinois en sont dotés depuis plusieurs années et n’hésitent pas à bloquer des pans entiers de l’économie concurrentielle jugé stratégique (énergie, défense, santé, transports).

Culture industrielle et communication graduée
Afin de résister à un tel effet panique démultiplié par certains médias connaissant finalement assez peu la culture industrielle Française au-delà des reportages ramenés par quelques journalistes de terrain polyvalents, il faut anticiper. Nos responsables industriels cultivent une culture du secret, bien compréhensible face aux enjeux concurrentiels et aux pertes d’emplois potentielles.

Sachant qu’un emploi industriel induit plusieurs emplois indirects, il est urgent d’en prendre conscience et de mettre en place des logiques de veille d’intelligence économique via les bons réseaux sociaux en suivant notamment les investissements de ses concurrents ou partenaires, leur actualité, leur communiqués de presse. Le repli sur soi franco-français entre grandes familles est révolu. Sans quoi, on assiste à ce spectacle un peu pathétique depuis ces 5 dernières années, celle d’un pays surinformé et déprimé par tous ces rachats, cette captation parfois définitive d’un savoir -faire convoité par les pays émergents et les deux géants chinois et américains.

Pour communiquer, il convient de le faire en douceur selon un véritable plan éditorial, une stratégie digitale afin de faire-connaître les réussites Françaises de PMI/PME maillés sur le territoire hexagonal. Revenir à l’essentiel et surtout prendre son temps, à l’inverse des récentes réactions de catastrophisme médiatico-industriel.

Pour un Alstom en partie sauvé, combien de PME-PMI de niche sont exposées face une concurrence mondiale avide de captation de technologie ?

page 8 idf news 19 ete 2017

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