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TPE, PME, ETI & grands groupes : Une transformation numérique à plusieurs vitesses ?

La transformation numérique est un changement majeur auquel les entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité, sont confrontées. Depuis des années, cette transformation aussi bien technologique qu’organisationnelle est au cœur des discussions et son adoption tend à s’accélérer. Mais ce constat est-il vrai pour toutes les entreprises ? Et comment peuvent-elles perfectionner leur projet de digitalisation ? Ce sont les questions abordées par Noël Minard, Président de Resadia et A2COM, et Nikolas Simon, Gérant d’Action Telecom et membre affilié de Resadia, dans cette tribune d’experts.

La culture numérique des dirigeants : facteur clé de réussite

À première vue, la taille des entreprises peut sembler être l’unique facteur de différenciation influant sur l’avancée en matière de digitalisation. On s’aperçoit en effet que les ETI et grandes entreprises sont plus avancés que les TPE et PME dans l’intégration d’outils numériques. Cela s’explique, en partie, par la possibilité, au sein des entreprises de grande taille, d’allouer plus de ressources humaines et financières à la transformation numérique.

Mais, au-delà de ces ressources, le premier facteur de réussite réside dans la culture numérique du dirigeant. Au sein des ETI, ce dernier est épaulé par une équipe de direction alliant des experts de différents domaines et dispose, en parallèle, d’un département informatique. Il est bien évidemment plus aisé, dans ces conditions, d’insuffler au sein de l’entreprise un projet de digitalisation.

C’est pourquoi l’impact de la culture numérique du dirigeant lui-même est d’autant plus important dans les TPE et PME. Les dirigeants ayant conscience de l’importance du numérique ont tendance à faire appel, très tôt dans le développement de leur entreprise, à un responsable informatique, dont la présence est un facteur clé de succès. Sans une volonté forte d’aller vers le digital, les obstacles du quotidien, comme le manque de temps ou de moyens, ralentiront l’adoption de la transformation numérique. L’entreprise, au lieu d’enclencher un véritable changement structurel et stratégique, se contentera alors de mettre en place seulement quelques outils digitaux (messagerie interne, logiciel de comptabilité, etc.). Preuve en est : combien de TPE et PME disposent de solutions digitales pour leur comptabilité, afin de répondre aux obligations légales notamment, mais n’ont aucun CRM pour gérer leur base client, alors que ce dernier serait un atout commercial indéniable ?

La culture et l’appétence numérique de l’équipe dirigeante sont donc les premiers facteurs clé de succès en matière de digitalisation, sans elles aucune réelle stratégie numérique ne pourra être mise en place.

Des freins spécifiques et des challenges communs

Comme tout projet de grande ampleur, l’intégration d’outils numériques peut être freinée par plusieurs facteurs.

Au sein des ETI et grands groupes, l’organisation même de l’entreprise peut s’avérer être un frein à la transformation numérique – c’est notamment le cas lorsque la direction informatique est rattachée à la direction financière. En effet, cette structure organisationnelle pousse à considérer « l’informatique » seulement comme une charge et non pas comme une expertise créatrice de valeur.

Au sein des TPE et PME, les freins les plus importants sont liés aux problématiques d’allocations des ressources financières. La digitalisation étant un projet à moyen et long terme, dont le ROI n’est pas immédiat, les entreprises sont bien souvent frileuses quant à son adoption. Pour cette raison, nombre d’entre elles se lancent dans des projets de plus petites envergures, comme la création d’un site d’e-commerce, sans mettre en place une véritable stratégie numérique. De tels projets tendent à échouer car ils ne sont pas en adéquation avec la stratégie globale de l’entreprise. Toute digitalisation doit être mûrement réfléchie et planifiée afin de permettre d’optimiser les process internes et externes pour plus d’efficacité et de rentabilité.

Au-delà de ces freins spécifiques à chaque typologie d’entreprise, il existe des challenges communs, valables aussi bien pour les TPE, PME, ETI et grandes entreprises. Le premier est l’implication des directions fonctionnelles. L’adoption du numérique ne peut pas être portée uniquement par les spécialistes de l’informatique. Il est primordial que les experts métiers soient impliqués dans le projet pour définir, avec les prestataires externes engagés, quelles seront les solutions créatrices de valeurs à implémenter. Cette vision métier est essentielle au bon déroulement du projet.

Deuxième challenge commun de taille : l’adhésion de l’ensemble des collaborateurs aux nouveaux outils et procédés mis en place. Sans une adoption massive, tout projet sera grandement ralenti, voire échouera à terme. Pour pallier ce problème, il est important de choisir un « ambassadeur » du projet en interne, qui saura convaincre les collaborateurs du bien-fondé des nouveaux procédés mis en place.

Un facteur humain décisif à la réussite du projet

Chaque entreprise aura besoin d’établir un plan d’actions personnalisé en fonction de sa taille, de ses ressources, de l’existant et de son écosystème.  Ce plan devra s’accompagner d’une stratégie de déploiement, incluant à la fois les aspects technologiques, humains et structurels, mais aussi de la création d’une équipe dédiée à sa supervision.

L’accompagnement au changement et la formation pour l’ensemble des collaborateurs doivent également être pris en compte, lors de la mise en place des nouveaux outils, mais également pendant les mois qui suivent. Le prestataire externe accompagnant l’entreprise dans sa digitalisation a ici un rôle clé à jouer. Il doit apporter un éclairage sur les problèmes d’adoption fréquemment rencontrés et sur les meilleures stratégies pour s’en prémunir. Car si l’implémentation de nouvelles technologies affecte directement l’infrastructure informatique, elle modifie également les habitudes et manières de travailler de tous. À ce titre, une véritable réflexion sur les méthodes de collaboration et de management doit être menée.

Enfin, l’écosystème d’une entreprise ne s’arrête pas en interne. Il comprend également les tiers indispensables à son bon fonctionnement, comme les prestataires et partenaires. Si les nouveaux outils mis en place les concernent, comme une nouvelle interface fournisseur par exemple, il sera nécessaire de les inclure dans le plan de déploiement afin qu’ils comprennent les nouveaux outils, pour mieux les adopter. Dans certains cas, il sera également possible d’interconnecter les outils digitaux de l’entreprise et ceux de ses partenaires pour plus de réactivité.

Ces constats nous montrent que la transformation numérique avance à des rythmes variables. Taille et organisation de l’entreprise, vision du dirigeant, moyens financiers ou encore présence d’un DSI : de très nombreux facteurs pèsent dans la balance. Le rôle des professionnels de l’informatique est aujourd’hui d’évangéliser l’ensemble des entreprises aux bénéfices de la digitalisation car bien que ses avantages ne soient plus à prouver, son adoption est encore timide – notamment pour les TPE et PME.

La crise sanitaire que nous vivons actuellement a forcé certaines entreprises à intégrer, en urgence, des outils numériques. Des outils de communications unifiées ou encore d’accès distant aux données internes, notamment via le Cloud, ont été déployés pour répondre aux besoins du télétravail. Les entreprises ont également dû renforcer leur sécurité informatique afin de garantir, dans de telles conditions, la protection des données sensibles.  Cette situation inédite modifiera sans nul doute nos méthodes et habitudes de travail, accélérant par la même occasion l’adoption de la transformation numérique.

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Virginie Do Carmo

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Virginie Do Carmo

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